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Avis d'expert - Jean-Nicolas Desbrus, Architecte

Entre qualité de vie, performance technique et adaptation aux spécificités locales, Jean-Nicolas Desbrus - Architecte DPLG basé en Haute-Savoie - revient sur les enjeux de sa profession...

Jean-Nicolas DESBRUS, JND Architecte

Avis d'expert

Le 29/06/2026

Alors que les exigences réglementaires, environnementales et économiques se multiplient, le métier d’architecte est devenu un véritable exercice d’équilibriste. Architecte DPLG basé en Haute-Savoie, Jean-Nicolas Desbrus conçoit depuis plus de vingt ans des projets de logements, de bâtiments tertiaires ou industriels et d’aménagements urbains au cœur des territoires alpins. Entre qualité de vie, performance technique et adaptation aux spécificités locales, il revient sur les enjeux de sa profession et nous dévoile les coulisses de la conception du nouveau programme signé Sogimm ; Les Frâres 1823 à Saint-Jean-de-Sixt.

Le métier d’architecte a beaucoup évolué ces dernières années. Quelles sont aujourd’hui les principales attentes des maîtres d’ouvrage et des futurs habitants ?

Le métier a profondément changé sous l’effet des évolutions réglementaires. Les normes environnementales, énergétiques ou encore techniques sont de plus en plus nombreuses et influencent directement la conception des projets, y compris leurs aspects esthétiques. Elles conditionnent dès le départ de nombreux choix architecturaux. Parallèlement, les attentes des habitants restent très fortes sur la qualité d’usage. Lorsque je conçois un logement, je me mets toujours à la place de celui qui va y vivre et je pense d’abord à ce que j’attends moi-même d’un lieu de vie. Cela me sert de guide, et c’est assez fiable ! J’imagine alors des espaces lumineux, fonctionnels, agréables au quotidien, avec de belles vues et des volumes confortables. Du côté des maîtres d’ouvrage, le contexte économique impose également de nouvelles contraintes. Les coûts de construction obligent à optimiser les projets tout en conservant leur identité. Cela passe par un travail sur les volumes, les matériaux ou encore les façades afin de préserver une véritable qualité architecturale sans alourdir les budgets. Je suis toujours très à l’écoute du maître d’ouvrage quand je dessine un projet, cela permet de bien cadrer l’ensemble et de partir sur de bonnes bases.


Vous le disiez, les réglementations environnementales et énergétiques se renforcent continuellement. Comment l’architecte transforme-t-il ces contraintes en opportunités ?

L’exemple de la RE2020 est particulièrement parlant. Contrairement aux réglementations précédentes, elle favorise davantage certaines solutions électriques performantes. Cela ouvre de nouvelles possibilités dans l’organisation des logements. Sur le programme Les Frâres, par exemple, nous avons pu intégrer des systèmes de chauffage au sol associés à des pompes à chaleur très compactes. Ces équipements occupent peu d’espace et permettent de libérer de précieux mètres carrés au profit des pièces de vie. Dans ce cas, la contrainte technique a, en effet, été transformée en amélioration concrète pour le confort des habitants. Mais tout n’est pas toujours aussi simple. De manière générale, l’architecte doit faire preuve d’ingéniosité pour concilier les contraintes et les usages, c’est toujours un défi en soi.


Quels sont les principes qui guident aujourd'hui votre démarche architecturale ?

L’objectif est toujours de concilier trois dimensions : la performance technique, le confort d’usage et la qualité de vie. Lorsque je démarre un projet, j’analyse avant tout le paysage et les vues offertes par le site. C’est souvent le premier critère de réflexion. Ensuite, il faut parvenir à équilibrer l’ensemble des paramètres : les orientations, les performances énergétiques, les typologies de logements, les contraintes du terrain ou encore les objectifs du promoteur. C’est un véritable travail d’orfèvre pour ne pas dire un casse-tête ! Aucun projet ne ressemble à un autre. Chaque terrain possède ses spécificités, son environnement, son histoire. Notre rôle consiste à nous adapter à ces réalités tout en répondant aux attentes du maître d’ouvrage, aux besoins du territoire et des futurs habitants.


Le métier d'architecte est-il devenu plus collectif qu'auparavant ?

Très clairement. La complexité des projets actuels ne permet plus de travailler seul. Nous collaborons en permanence avec des bureaux d’études spécialisés, des ingénieurs structure, des experts fluides ou encore des bureaux de contrôle. Chacun apporte son expertise dans son domaine. En tant qu’architecte, nous ne pouvons pas être à la pointe de tous ces sujets, nous devons faire appel à toute une équipe de spécialistes pour appuyer nos choix et bâtir un projet solide. Le rôle de l’architecte est désormais de coordonner l’ensemble de ces compétences afin de construire un projet cohérent. Si l’on compare les plans d’exécution d’aujourd’hui à ceux réalisés il y a vingt-cinq ans, le niveau de détail et de technicité n’a plus rien à voir.


Pouvez-vous nous présenter le programme Les Frâres 1823 et les ambitions qui ont guidé sa conception ?

Les Frâres 1823 s’inscrit dans la continuité du travail réalisé sur le projet global d’aménagement urbain du Centre-Village de Saint-Jean-de-Sixt, une co-promotion Alpéa/Sogimm à laquelle j’ai participé aux côtés de l’architecte Pierre Brunier. Un projet structurant qui a contribué à redéfinir le cœur du village et à renforcer son attractivité. Pour Les Frâres 1823, qui se situe à deux pas du centre-ville, nous souhaitions conserver cette cohérence architecturale tout en répondant aux particularités du site. Le terrain présente une forte pente et se situe à proximité immédiate de la route départementale. L’enjeu consistait donc à s’adapter au relief naturel tout en limitant les terrassements. Les bâtiments ont été implantés de manière à profiter pleinement des vues sur le paysage environnant, tout en ménageant des espaces de respiration entre eux. Une grande partie du stationnement a été intégrée en sous-sol afin de préserver le caractère paysager de l’ensemble. Nous avons également privilégié une densité maîtrisée. L’objectif n’était pas de maximiser le nombre de logements, mais de proposer un programme à taille humaine, composé principalement d’appartements du 2 au 4 pièces, complété par quelques 5 pièces et quelques studios destinés aux travailleurs saisonniers.


Saint-Jean-de-Sixt possède une identité montagnarde forte. Comment cette spécificité locale a-t-elle influencé le projet ?

L’architecture doit toujours dialoguer avec son environnement. Nous ne concevons pas un projet à Saint-Jean-de-Sixt comme nous le ferions à Annecy. Le village possède une identité alpine affirmée, un paysage remarquable et une échelle urbaine particulière. Les Frâres 1823 a donc été pensé pour s’intégrer naturellement dans ce contexte, avec une écriture architecturale respectueuse du site et des constructions voisines. L’idée était de proposer un projet contemporain, mais profondément et respectueusement ancré dans son territoire.


Quel regard portez-vous sur cette expérience, sur votre collaboration avec le Groupe Monod et plus particulièrement Sogimm ?

J’ai découvert chez Sogimm une véritable culture du dialogue et un grand respect mutuel entre les différents intervenants. J’apprécie particulièrement leur compétence technique et leur capacité à prendre rapidement des décisions. J’ai collaboré sur ce projet avec Pascal Giraud et les échanges ont toujours été directs, constructifs et orientés vers la recherche de solutions, avec une solide connaissance technique des projets. J’ai également été sensible à leur attention portée à l’histoire des lieux. Le choix du nom « Les Frâres 1823 » illustre cette volonté de conserver un lien avec l’identité du site et avec ceux qui ont contribué à son histoire. C’est une démarche humaine que je partage pleinement.

Perspective du programme neuf Les Frâres 1823 à St-Jean-de-Sixt

Pour en savoir plus sur ce programme neuf, consultez la page dédiée Les Frâres 1823

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