Avis d'expert - Christian Porzyc


Rencontre avec Christian Porzyc, Directeur technique chez SOGIMM

Depuis la mise en place de la première réglementation thermique en 1974, le secteur du bâtiment s’installe dans une dynamique d’amélioration des matériaux de construction, de gestion optimisée des consommations et de performance énergétique des nouvelles constructions grâce notamment à de nouvelles solutions de chauffage. À l’aube de la mise en place d’une nouvelle réglementation thermique et environnementale, la RE2020, Christian Porzyc revient sur ses fonctions chez SOGIMM et sa perception du logement, l'habitat d'aujourd’hui et de demain.
 
Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots votre rôle sur une opération en tant que directeur technique ?

J’ai un rôle de « surveillant général » ou de « gardien du temple » comme vous préférez… Plus sérieusement, je m’occupe de tout l’aspect technique des programmes. Cela commence dès la recherche foncière, si SOGIMM est intéressée par un terrain, avant de faire une offre de prix, je peux être sollicité sur les caractéristiques du terrain, savoir si celles-ci ont une incidence sur les fondations par exemple. Il arrive que certaines parcelles n’offrent pratiquement pas de portance ou que l’on soit confronté à des sous-sols humides. Au delà du terrain, je vais intervenir ensuite tout au long de l’élaboration du projet. Je commence par définir avec notre directeur commercial l’ensemble des objectifs que nous voulons atteindre sur chaque programme. Puis je m’assure tout au long de la conception et de la construction que les objectifs que nous nous sommes fixés sont bien respectés, qu’il s’agisse du choix des matériaux et des équipements, de la qualité de mise en œuvre, de la qualité de construction... Je travaille donc en étroite collaboration avec les architectes et les bureaux d’études et je suis, comme je vous le disais, un « surveillant général ».
 
Après la RT2012 arrive la RE2020… Comment appréhendez-vous cette nouvelle réglementation ?

SOGIMM a fait un très gros travail sur cette nouvelle réglementation… Aujourd’hui nous sommes déjà prêts à appréhender les nouvelles obligations de demain ! Nous avons notamment travaillé sur l’une de nos opérations et nous l’avons étudiée en « système constructif alternatif ». C’est à dire qu’à partir de cette opération, nous avons décliné 24 variantes différentes, nous avons travaillé en quelque sorte sur 24 opérations distinctes… et ce, pour observer, en fonction des variantes, quels résultats nous obtenions et à quel coût.
À partir de ces études, je me suis constitué une bibliothèque de systèmes constructifs qui me permet de travailler de façon beaucoup plus précise avec les architectes. Je suis en mesure aujourd’hui de leur communiquer des indications suffisamment détaillées pour qu’ils nous dessinent des programmes répondant précisément aux objectifs que nous nous sommes fixés. Il est important de ne pas subir les exigences à venir… c’est pourquoi il nous semble essentiel chez SOGIMM d’anticiper la réglementation et de travailler conjointement avec les industriels pour trouver ensemble des solutions qui correspondent aux enjeux de demain. L’un de mes objectifs va être d’expliquer à nos équipes de conception qu’il est essentiel de sortir de ses habitudes, de concevoir autrement et d’observer l’étendue des possibilités…
 
Les réglementations se suivent et l’on demande aux maîtres d’ouvrage et aux maîtres d’œuvre d’aller toujours plus loin… de faire des logements toujours plus performants. Quel est votre regard sur ces nouvelles exigences ?

Les réglementations sont essentielles, elles nous ont permis d’avoir des logements beaucoup moins énergivores, plus performants et bien plus confortables. Si l’on remonte à la première réglementation qui date de 1974, nous avons quasiment divisé nos consommations par 5 en un peu plus de 40 ans, ce qui est colossal ! Aujourd’hui le coût moyen de consommation fluctue autour de 600 €/an/logement. Autrement dit, nous consommions, il y a 40 ans, entre 2 500 € et 3 000 €/an/logement ou encore entre 16 500 et 19 500 francs (sourire)… Nous avons donc considérablement réduit notre consommation énergétique, ce qui était primordial. Mais maintenant que nous avons des bâtiments extrêmement performants, jusqu’où faut-il aller ? La question peut se poser car plus les exigences sont importantes, plus la mise en œuvre est compliquée et donc coûteuse pour un gain financier pour l'occupant qui parfois est peu palpable…
Christian Porzyc, Directeur Technique Sogimm